La crise qui secoue actuellement la scène politique fédérale se continue ce lundi, alors que la coalition a décidé de nommer à sa tête le chef libéral en sursis Stéphane Dion tout en dévoilant son plan. Celui-ci a été présenté en fin d'après-midi par les chefs du PLC, du NPD et du Bloc québécois, Stéphane Dion, Jack Layton et Gilles Duceppe.
Invoquant la grave crise économique mondiale actuelle et le manque de mesures des conservateurs, l'entente entre le Parti libéral du Canada et le Nouveau parti démocratique, appuyée par le Bloc, comprend un plan d'aide à l'économie canadienne. S'il est formé, il inclura 24 ministres au cabinet, soit 18 libéraux et 6 néo-démocrates plus le premier ministre libéral, ainsi qu'un mandat de gouvernement de 30 mois.
Le ministre des Finances sera libéral. Le Bloc québécois ne fera pas partie d'un éventuel gouvernement de coalition, mais l'appuiera pour lui permettre de prendre et de garder le pouvoir à la Chambre des communes. Le Bloc s'engage à appuyer cette entente jusqu'en juin 2010 et pourra ensuite réitérer son appui.
Le site Internet du Parti libéral du Canada offre divers documents relatifs à cet accord historique, dont l'entente sur un gouvernement de coopération, l'entente politique pour remédier à la crise économique actuelle ainsi que les lettres envoyées à la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean.
En après-midi, le caucus libéral se réunissait à Ottawa. Le parti de Stéphane Dion tentait alors de faire le point sur les discussions actuellement en cours avec le NPD afin de former une coalition et de renverser le gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper le 8 décembre prochain, soit dans une semaine.
Les discussions portaient notamment sur l'identité de celui qui devra assumer la tête de cet éventuel gouvernement de coalition. Rappelons que l'actuel chef du PLC, Stéphane Dion, a annoncé après les élections du 14 octobre qu'il n'assumerait plus le rôle de chef lorsqu'un remplaçant lui aura été trouvé. Depuis, trois prétendants à sa succession, soit Michael Ignatieff, Bob Rae et Dominic Leblanc, se sont déclarés officiellement comme candidats.
Ce lundi, le quotidien National Post rapportait que l'élu qui pourrait prendre la tête de ce possible gouvernement de coalition serait Michael Ignatieff, tandis que le quotidien Le Devoir rapportait que l'actuel chef Stéphane Dion présenterait un plan dans lequel il serait à la tête de la coalition.
Or, c'est ce dernier scénario qui s'est finalement matérialisé, puisque les candidats à la succession n'ont pu s'entendre sur lequel des trois devrait prendre la tête d'une coalition. Les trois candidats à la chefferie se sont présentés ensemble devant la presse en début d'après-midi pour affirmer qu'ils étaient en accord avec la décision de donner ce pouvoir à Stéphane Dion. Celui-ci, qui a subi une défaite importante lors du scrutin du 14 octobre, pourrait donc éventuellement devenir premier ministre si la coalition prend le pouvoir après l'accord de la gouverneure générale, Michaëlle Jean. Cette nouvelle situation ne changerait pas le plan initial de le remplacer à la tête du parti en mai 2009.
Les conservateurs se réunissent aussi ce lundi, après les annonces de la fin de semaine sur ce qu'ils sont prêts à concéder. Les conservateurs ont d'ailleurs tenté de discréditer l'option du gouvernement de coalition lors de la période de questions à la Chambre des communes. Rappelant que son administration a réussi à faire passer au vote de confiance son Discours du Trône, le premier ministre Stephen Harper a demandé à l'opposition d'attendre le budget et les mesures économiques qui y seront proposées avant de faire tomber le gouvernement. Par ailleurs, en fin de journée, le Parti conservateur a annoncé qu'il songeait à une prorogation de la session parlementaire.
Le 14 octobre dernier, les conservateurs du chef Stephen Harper avaient été reportés à la tête d'un gouvernement minoritaire composé de 143 députés. Les libéraux de Stéphane Dion passaient quant à eux de 95 sièges à 77, tandis que le Bloc québécois en récoltait 49 et le NPD 37. Il y a deux comtés représentés par des indépendants.
(sources: Radio-Canada, Le Devoir, National Post)