Le Parti conservateur de Stephen Harper explore ce mardi toutes les possibilités qui pourraient empêcher la coalition de l'opposition à la Chambre des communes de lui ravir le pouvoir la semaine prochaine.
Une campagne de publicités radiophoniques a notamment été réalisée et ces messages en anglais sont diffusés depuis cet après-midi. Pour les écouter, vous pouvez consulter le site Internet du Parti conservateur. Le message en français devrait faire son apparition sous peu.
Rappelons qu'hier, les chefs du Parti libéral du Canada, du Nouveau parti démocratique et du Bloc québécois Stéphane Dion, Jack Layton et Gilles Duceppe, ont signé une entente qui vise à renverser le gouvernement minoritaire conservateur élu le 14 octobre dernier. Le gouvernement de coalition serait mené par le PLC et le NPD sur une période de 30 mois, avec l'appui assuré du Bloc pour 18 mois. Le premier ministre serait un libéral et ce rôle serait assuré par Stéphane Dion jusqu'à la course à la chefferie du parti en mai 2009.
Les moyens des conservateurs
Les conservateurs tentent évidemment de discréditer l'option du gouvernement de coalition. Hier, le premier ministre Harper a rappelé que son administration a réussi à faire passer au vote de confiance son Discours du Trône et il a demandé à l'opposition d'attendre le budget, au début de 2009, avant de faire tomber le gouvernement. En fin de journée, les conservateurs avaient aussi évoqué la possibilité de proroger la session parlementaire.
Ce mardi, le PC soutient que tous les moyens légaux possibles seront pris pour éviter le scénario d'un renversement le 8 décembre. Un stratège conservateur interrogé par le quotidien La Presse affirme que cette stratégie de l'opposition est une attaque contre le Canada ainsi que contre l'économie et la démocratie. Affirmant que le parti de Laurier et de Trudeau était «dans le même lit que les séparatistes», le stratège soutient que de nombreux ralliements seront organisés à travers le pays. Outre le temps d'antenne radiophonique qui est acheté, des pétitions en ligne circulent.
Les propos conservateurs sont répétés par le biais d'un communiqué émis sur le site Internet du parti. Le texte soutient que la nouvelle coalition est «dirigée par des socialistes et des séparatistes». «Il est temps que les Canadiens disent non aux ententes en coulisse visant à usurper les pouvoirs du gouvernement élu sans le consentement de la population. Il est temps que les Canadiens disent non aux coalitions avec des socialistes discrédités qui mettraient notre économie en péril. Il est temps que les Canadiens disent non aux alliances qui donneraient un droit de veto aux séparatistes qui détruiraient notre pays» ajoute le communiqué.
Le Parti vert a par ailleurs appuyé la coalition.
Une période des questions mouvementée
Lors de la période des questions ce mardi, les échanges ont été très virulents entre les conservateurs et l'opposition. Le PC a notamment attaqué le Bloc québécois, l'accusant de trahir ses électeurs en s'alliant au Parti libéral.
À sa sortie de la période de questions, le chef bloquiste Gilles Duceppe a affirmé que les conservateurs ont peur et s'est dit contre l'option de proroger les activités du parlement. Quelques minutes plus tard, le chef libéral Stéphane Dion a accusé les conservateurs de dire une chose et son contraire lorsqu'ils alternent de l'anglais au français. Il faisait alors référence au fait que le PC accuse le Bloc de trahir le vote souverainiste en français, tout en affirmant par la suite en anglais que les libéraux trahissent le Canada en faisant coalition avec un parti souverainiste.
La gouverneure générale de retour demain
Par ailleurs, la gouverneure générale Michaëlle Jean sera de retour au pays dès demain, après avoir écourté son voyage officiel en Europe de l'Est. Rappelons que c'est à elle que reviendra la responsabilité de donner ou non à la coalition un mandat de gouvernance.
Le 14 octobre dernier, les conservateurs du chef Stephen Harper avaient été reportés à la tête d'un gouvernement minoritaire composé de 143 députés. Les libéraux de Stéphane Dion avaient quant à eux perdu 17 députés, passant de 95 sièges à 77, tandis que le Bloc québécois en récoltait 49 et le NPD 37. Il y a deux comtés représentés par des indépendants.
(source: La Presse, TVA, Radio-Canada, Parti conservateur)